Excerpt for Amour Desamour by Abeior Djerat, available in its entirety at Smashwords

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A M O U R

D E S A M O U R

Abeior Djerat

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Abeior Djerat at Smashwords

Copyright (c) 2011 by Abeior Djerat

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Motto:

‘Ecris ce que t’as vu et ce qu’il y a et ce qu’il y aura après’.

Apocalypse 1- 19


‘J’ai voulu restituer ce que la mémoire garde. Comme si le désir était une identité. Comme s’il était notre seul pays. Territoire sauvage et illimité’.

Nina Bouraoui


‘In a perfect world, we would desire and be able to have intercourse all night long, and wish it would go on longer. The best possible scenario would be for our bodies to never wear out and for our desire to be constant.’

Stephanie Meyers

(Dans un monde parfait, on se désirerait et on baiserait toute la nuit et on aimerait que ça dure aussi longtemps que possible. Le meilleur scénario serait que nos corps ne se fatiguent jamais et que notre désir soit constant).


‘You have absolutely no control over who you love and how long you love them’.

(Tu n’as aucun contrôle sur celui que tu aimes ou combien longtemps tu l’aimes).


‘Sexual intercourse is the best part of love, marriage, and human life’.

(L’acte sexuel c’est la meilleure partie de l’amour, du mariage et d’une vie humaine).


Stephanie Meyers


‘A tous ceux qui se perdent par amour

A tous ceux qui survivent par amour’


‘Et puis pourquoi se justifier, l’amour ne s’explique pas, tu sais’


‘Rien ni personne ne peut juger les gens qui s’aiment ni leur désir ni même la folie qui les traîne’


Diams



A M O U R


tu sais, ni leur folie, ni leur désir


1


J’étais chez moi, j’avais envie de sortir à un verre quelque part, mais je n’avais pas avec qui. J’étais dans une routine quotidienne qui m’exaspérait, j’avais un boulot qui me sollicitait au maximum, ça m’épuisait et en plus ça m’ennuyait terriblement.

Depuis quelque temps déjà, j’avais envie de boire un verre avec quelqu’un, un homme, mais ça ne me réussissait pas, je ne sais pas pourquoi. Partout je voyais autour de moi mes copines faisant ça, en tout cas je le voulais aussi.

Cassandra me dit que je transmet aux hommes autre chose que la simple amitié et que ça les effraie. Je ne sais pas, je ne sais pas, vraiment. Il y avait ce type, Nicolas, avec qui je parlais des fois, quand on se rencontrait par hasard, mais chaque fois que je lui proposais un verre, il annulait au dernier moment. J’en avais marre du même rythme de vie : boulot, dodo et j’avais envie de me perdre dans une autre histoire humaine que la mienne. Le besoin de porter une conversation avec un homme, un étranger, ça me manquait.

Depuis peu de temps, j’avais fait la connaissance d’un type, Hassan, et tout de suite il m’avait donné son numéro. Je pensais si je devais l’appeler ou non. Il faisait partie d’un autre milieu que celui que je côtoyais, je ne savais pas si j’avais des points communs avec lui, mais the hell with that. Un verre signifiait simplement de partager un moment de détente avec quelqu’un.

En fin de compte j’ai décidé de l’appeler. Le type semblait ok, avait le sens de l’humour, on avait fait connaissance dehors, lorsque je fumais une cigarette et lui aussi et tout d’un coup il est venu vers moi et après avoir échangé deux mots, il m’a demandé si je veux aller avec lui en vacances. La conversation était tellement légère, que j’ai dit : oui, sûrement. Quand ? Il a ri et il est parti. Je l’ai revu bientôt. Tout de suite il m’a demandé mon numéro de téléphone. Comme cela m’a paru insolent de sa part, je lui dis de me donner son téléphone.


Tout en lui parlant, je lui ai dis que j’ai envie de sortir; bien sur, dit- t- il, à quelle heure ? Je ne me souvenais pas trop bien à quoi il ressemblait, je me souvenais juste un type grand, brun, qui me souriait tout le temps. Je ne m’attendais pas à le voir dans une bm noire, un peu démodée, et cela m’a mit immédiatement dans un état joyeux. Il avait l’air encore plus jeune, ce qui m’a bouleversé un peu. On a commencé une conversation légère, je ne sais plus de quoi on a parlé, mais je me sentais bien en sa compagnie. On ne parlait pas de quelque chose en particulier, on n’abordait pas l’histoire de France ou de Belgique, mais la conversation n’était non plus idiote.

Depuis quelque temps, j’avais grand besoin de flirter. Purement et simplement regarder dans les yeux d’un type, de dire des bêtises, de voir mon effet auprès d’un homme, d’un autre homme que Gabriel. L’autre, Nicolas, j’aimais bien, mais chaque fois que j’essayais de le voir quelque part à un verre, il ne voulait pas; tout en pensant aux refus de Nicolas, je m’étais dit : qu’est- ce que j’attend de plus ?


Et j’ai rencontré Hassan quelque part à Uccle et il était jeune et beau et calme et il a dit d’aller à Waterloo, qu’il sait là- bas des cafés et on a trouvé un, près de la place où Napoléon a été vaincu, proche de la pyramide et on a trouvé une table dehors, pour fumer et il a dit : c’est étrange car il n’y a personne, mais c’est très bien comme ça, je dis, et après un café et un jus qu’il me les a offert, j’ai dit allons y au centre ville, je sais un bar là- bas, delirium tremens et on y est allé. Et lorsqu’on est descendu de la voiture près d’une église, on a entendu les cloches sonner et c’était étrange et tout avait le goût d’un nouvel commencement, quoique je ne pensais pas à cela, surtout qu’à un certain moment il m’a dit qu’il avait vingt et quelque chose ans et cela m’avait frappé, oh la la je me suis dis, un peu bloquée et on s’est promené l’un à côté de l’autre dans la gallérie St Hubert et on a trouvé le bar en question.


Et on s’est mis dans un coin et on a fumé et on a beaucoup raconté et il ne m’a pas laissé payer, il buvait du jus de pomme ou de cerises, il m’a raconté sur un ami ukrainien, tout coulait naturellement entre nous, je me sentais très à l’aise, je n’avais pas eu depuis longtemps un moment ainsi juteux.

Et on a parlé des restos snobs, qu’il n’aimait pas y aller, qu’une fois des amis y sont entrés et ils ont commencé à manger avec les doigts et qu’après, plusieurs clients sont entrés et le patron les a offert le dîner, car leur attitude désinvolte avait attiré des clients; il m’a dit qu’il était demi turque, demi marocain.

Sur le chemin de retour j’avais la sensation que j’étais dans une autre ville, où tout était plus intéressant, que la vie avait un autre goût. Depuis longtemps je n’avais pas ressenti cela.


De retour dans sa voiture, qu’il avait garée dans la rue, dans un lieu de parking approximatif, il m’a donné un bracelet turque, bleu, qui était suspendu du miroir rétroviseur. C’est un talisman qui protège du mauvais œil. Ce geste m’a attendri. Je veux que c’est toi qui l’as, il m’a dit.

Arrivés près de ma maison, on s’est regardé des minutes entières, jusqu’à ce qu’il m’a pris la main et sa main était chaude comme une four et se collait ainsi bien de ma main et tout en nous regardant dans les yeux, j’ai dit: je veux pas qu’on fasse une bêtise, car il savait, je lui avais dit dès de débout que je cherchais juste des amis et que je n’étais pas libre, mais il brûlait et je brûlais aussi et il a dit: je veux qu’on fasse la bêtise et je lisais dans ses yeux de la sincérité et du désir et de la tendresse, il n’a fait ni une fois un geste brusque et moi aussi je le désirais et en fin de compte, après plusieurs protestes, après beaucoup de ‘laisse- moi encore rêver’, après ‘je veux un avant goût’, on s’est embrassé. Et le goût du baiser fut épicé, comme un thé de mente marocain.


Evidemment, immédiatement après, les regrets sont venus. Et puis, le lendemain j’avais la sensation que tout le monde me regarde étrangement, que tous le savaient; on avait établi de se voir à 13 :30, mais je lui envoyai un message comme quoi je ne me sens pas bien; il m’a téléphoné, mais je ne lui répondis pas. Il m’a écrit : tu peux pas inventer autre chose ? Qu’est- ce qui se passe ? Ses amis, Abdel et Ahmed, que je connaissais de vue, me regardaient tout le temps; je n’aimais pas cela.

Mais le message de Hassan m’a attendri; je lui téléphonai et on s’est vu sur les escaliers, un endroit caché de la Côte Verte, et je lui dis que je me sens mal, car je ne sais pas où peut mener tout cela et il a dit que cela lui convenait, qu’il ne va jamais me dire de rompre avec Gabriel, qu’il comprend que tout n’est qu’une aventure; il m’a dit aussi que sa dernière relation datait d’il y a deux ans et que depuis, rien; qu’il n’a pas trop d’envies charnels, mais que moi je les lui réveille, et il m’a embrassé avec passion.


En même temps j’avais peur, je sentais que les choses avancent et dans un moment d’angoisse, lorsqu’on s’était donné rendez- vous sur les escaliers- les escaliers qui menaient dans une vallée où personne ne pouvait nous voir- je lui dis que je ne pouvais pas plus, que je voulais qu’on soit juste amis et il a dit : embrasse- moi encore une fois et puis on se dit adieu et je ne l’embrassai pas et c’était vendredi et j’ai eu un week- end de merde.

Le lundi suivant il m’avait appelé dès le matin qu’il a un cadeau pour moi et cela m’a fait flippé, quel cadeau il voulait me faire, il avait déjà fait référence à un anneau et ça c’était trop, beaucoup trop, cela commençait à devenir absurde et je lui coupai que je ne veux aucun cadeau.

En fait, il m’a expliqué plus tard, il m’avait apporté cadeau du shit, duquel il m’avait parlé avant et je lui avais dit que je voulais en fumer; je ne savais pas quoi croire, s’il commençait à être amoureux de moi ou non, mais à minuit il m’a écrit comme message qu’il n’a jamais pensé à une femme comme il pense à moi; moi aussi je pensais à lui; mais si c’était vrai que les deux on sentait naître cette passion, alors ce n’était pas bien, car je me connais et quand je vis une passion je fais des bêtises.


J’étais très mélancolique, je pensais que tout était fini avec Hassan; j’avais vu sa bm au bâtiment d’à côté, le bâtiment rouge, le matin; l’après- midi il n’était plus là.

Plus tard, je lui écrivis :

J'ai pensé à toi, j'ai vu ta voiture au bâtiment rouge ce matin; j'ai cru que tu voulais plus me voir, excuse- moi si ce message de cette nuit t’as fait du mal, moi aussi je souffre tu sais; j’espère aussi te revoir; revoir tes yeux; j'espère que tu peux dormir; je te souhaite que tu te reposes et qu'on puisse trouver un chemin de milieu pour pouvoir se réjouir de la présence de l'autre d'une façon lumineuse; bise.

Le même jour, en voyant qu’il ne me répondait pas au message d’excuses, je lui avais écrit :
que tu m'as vite oubliée! pas de message de retour; ou est disparu ton côté tendre? je te reconnais plus, en fait, tu ne voudrais qu'une chose de moi et puis tu m'oublierais très vite; j'ai bien compris; c'est ça? Il y a encore à peine 3 semaines et puis c'est les vacances et voilà quoi, non?

Puis il m’a écrit un message long qu’il était fou de moi; je lui répondis :

Je ne comprends pas une chose: tu m'as écris comme si tu étais fou de moi, mais tu m'as dit que t'as pas de sentiments, pourquoi on ne peut pas avoir quelque chose d'amical et oublier la confusion qui évidemment- et c'est la seule chose très claire pour moi- nous fait (ou plutôt me fait) tant du mal? Car tes mots sont pour une situation très passionnelle, c'est toi le sorcier et tu le sais; je me demande franchement d’où tes mots sortent; ou tu sens ça vraiment, ou ce sont juste des mots; la seule chose que j'espère est qu'on aura l'intelligence et la bonté de se regarder dans l'avenir dans les yeux avec compréhension comme ce serait beau, qui honorerait l'échange parfois d'un air très humain et tendre que j'ai cru avoir avec toi (en dehors de toute autre chose qui arrive souvent le printemps).

Les yeux de Hassan me manquaient terriblement. Je voulais le voir, qu’on se donne rendez- vous sur les escaliers, l’embrasser, sentir son attirance et sa peau épicée.

J’ai ouvert le yi- king et après avoir tiré ma question, j’ai eu ma réponse : tout dépend de moi, moi je peux simplifier la situation, si je reste sur les mêmes positions. En d’autres mots, ne plus le chercher.

En général je crois dans les conseils occultes, mais cette fois- ci ils ne comptaient pas trop pour moi. Je voulais le voir encore.

Quand je revins du déjeuner avec Stella, en face de l’escalier je vois un collègue de Hassan et j’ai vu un autre qui s’était éloigné brusquement comme quelqu’un qui se cachait; sans hésiter, j’ai dit à Stella si elle voulait prendre un jus de la machine à café, ce qui supposait que j’aille voir qui se cachait; elle a dit non, mais j’y suis allée quand même; c’était pas Hassan, c’était un autre; Stella me regardait ne sachant pas quoi croire; j’ai cru que c’est Fabienne, je dis; a, dit- t- elle, pas trop convaincue; j’observais avec angoisse que j’étais prête à montrer au monde que Hasan me plaisait, ce qui n’était pas du tout bien pour moi.

Qui m’aurait compris que j’avais craqué pour quelqu’un d’un rang social inférieur au mien ? Mes amies craquaient en général après les chefs du département, moi j’avais craqué pour un simple ouvrier. Mais mon ouvrier avait quelque chose de magique.


2


Je pris le café avec Luana; Claudio l’avait appelé; Claudio c’est son amant, un masseur la peau très matte, avec qui elle l’a fait récemment, dans sa maison, à la mansarde, pendant que son mari travaillait quelque chose dans le garage; le mari et l’amant sont amis, quoique le mari ne sait pas ce que l’amant sait; en général les amants savent plus que les époux; le matin, le mari l’a baisée, en pensant qu’ainsi elle ne penserait pas au sexe avec un autre; et l’après- midi vînt le vrai sexe, avec le masseur; Luana eut deux orgasmes; ou trois, dans des conversations des mois après; Claudio est marié à son tour et il ne l’appelle pas trop souvent; il est venu en Belgique pour voir comment c’est la vie ici; après sa visite, il a dit qu’il n’aime pas trop le pays, mais il lui a téléphoné lui dire qu’il voudrait travailler en Belgique, rester 6 mois; j’espère qu’il ne va pas loger chez toi, je dis à Luana, pour qu’il ne profite pas de toi; à laquelle, elle, très rationnelle : non, j’ai parlé à Fress et il a dit très clair à Claudio qu’il ne peut pas loger chez nous; donc il doit se trouver seul autre chose.

Chaque fois qu’elle va dans sa ville natale, Luana va aussi au massage, qui finit toujours par une séance de sexe; l’année passé Luana a eu un autre amant, un chanteur de jazz; après qu’ils se sont rencontrés dans une chambre d’hôtel, la petite amie l’a appelée, l’insultant; la petite amie de laquelle il avait dit que c’est sa sœur; c’était un jour de Pâques.


Stella est très fusionnelle avec son mari; ils s’appellent réciproquement des milliers des fois par jour; des années avant elle a eu une passion pour un sud- américain avec qui elle a parlé sur le net et dont elle a dit à son mari, elle était prête à faire ses valises et aller chez lui; avant lui, elle a eu une aventure avec un maghrébin. Pour le reste, il y a des moments quand un nouveau type fait son apparition et elle le charme bien, comme c’est le cas avec Carl, qu’elle cherche et qui la cherche.

*

Le premier samedi après notre première séparation fut plein de chagrin; toutes mes pensées se dirigeaient vers Hassan; le soir, au resto, j’étais totalement absente; tout me semblait fade : ma vie, tout; je pensais tout le temps à Hassan, alors je lui envoyai un message; comment vas- tu ?

A ma grande joie, il me répondit : ça va, mais il me manque quelque chose : toi; je lui répondis : toi aussi; il m’écrivit : viens chez moi; j’aimerais, mais je peux pas, je lui dis.

Le lendemain je lui écrivis : je pense pas que c’est une bonne idée. Il ne me répondit pas. Je lui écrivis : j’espère que tu ne me haïs pas; non, mais je ne comprends plus rien; je ne te hais pas, mais je me hais, car je me suis juré de ne plus avoir des sentiments et t’es la première qui me fond le cœur; je dis : et toi t’es le premier qui me fond le cœur après longtemps, mais je ne peux pas faire plus, j’aimerais qu’on s’admire et c’est tout; il dit : j’espère que cela ne va pas nous empêcher de nous revoir, je ne voudrais pas te perdre pour toujours; on ira juste boire un verre si tu veux.

Je lui répondis : pourquoi on pense toujours dans la même manière ? ok, je dis, on ira ensemble demain à un verre; car on est fait l’un pour l’autre, il me dit; et parce que je ne veux pas te faire du mal, même si tes yeux me font du mal; tes yeux me font aussi du mal, je dis, je sens comme tu me regardes de distance; pfff, dit- t- il, je ne comprends plus rien; je suis devenu fou à coup sûr; pourquoi tu me fais ça ? allons dormir, je dis; le matin pour toi c’est facile, pour moi ce sera encore une nuit blanche.

J’espère que t’as quand même dormi, je lui dis le matin; non, dit- t- il, je n’ai pas dormi et suis déjà au travail; je t’embrasse, même si c’est interdit; je me sens coupable, je dis; oui, dit- t- il, et je ne sais pas ce que tu vas faire pour te revancher; tu rigoles, c’est vrai ? non, il dit, suis sérieux, tu dois faire quelque chose pour que je te pardonne; je ne dis plus rien.


Je vais avec Luana au bâtiment rouge et quand je sors, je vois qui ? Lui; j’ai senti que la terre fuyait sous mes pieds; il m’écrivit : quand je t’ai vu, j’ai senti que je sauterais sur toi, tant tu m’as manqué; j’espère qu’on se reverra prochainement. J’ai dit : je ne sais pas, tu sais bien qu’on va se manger des regards; ça aussi tu veux nous le refuser ? non, je dis.

A quelle heure tu sors? je sais pas, je dis, quand j’en aurai marre; moi j’ai déjà marre, dit- t- il; viens au lac, tu veux ? Au lac il y a plein de monde, je dis. En fin de compte, après 20 messages, dans lesquelles il me disait qu’il était fou de moi et qu’il doit absolument me voir, je lui donnai rendez- vous dans delirium tremens à 17 h et demie.

Il était fâché que j’ai retardé de le voir, après que je lui avais écrit plein de messages que je voulais le voir, et après qu’on avait établi qu’on allait se voir hier soir et de fumer ensemble la pipe de la paix chez lui; en fin de compte il m’a puni, il disait qu’on est ‘des potes’ et il me caressait tout le temps le dos; je régurgitais comme les bébés; on riait à plein gorge. On resta 3 heures.

‘Quand je te vois en rouge, j'ai la réaction d'un taureau. On doit se voir même 5 minutes, c'est assez…bisous’

Ou: 'je sais pas. Je suis fou de toi on va se voir?'

“je suis tombé kao vers 22 h, me suis réveillé à 7h en pleine forme grâce à toi, merci mon amour’

Ou ce matin :

‘Coucou mon ange, t'as bien dormi? tu me manques déjà bisous’

*

Exactement une semaine a duré; il m’a dit aujourd’hui, dans la voiture, qu’il avait failli avoir du scandale, que quelqu’un a vu mes cheveux blonds sur son épaule; je suis restée un peu interdite; d’ailleurs je pensais que c’était impossible qu’il n’a personne, une de vingt et un ans, qui lui conviendrait mieux comme âge; aa, je dis, désemparée, donc toi aussi t’as la situation compliqué; oui, dit- t- il; ok, je dis, alors c’est mieux qu’on ne la complique pas pour rien; l’idée qu’il aurait une autre amie m’a refroidie complètement.

Quand je suis avec l’autre, je ne pense pas à toi, me dit- t- il. Lorsque j’ai appris que j’étais la dixième roue au chariot, je me suis réveillée; à cela je ne pense pas qu’il avait pensé; j’ai répliqué immédiatement que ça n’avait pas du sens de continuer, que de toute façon je ne voulais pas plus.

Je pense qu’il s’est aussi rendu compte que c’est fini.

Mais qu’est- ce que tu pensais ? Que depuis 2 ans, rien ? Je ne le pensais pas, je dis; ça aurait explosé, me dit- t- il.

Tu vois, t’as pas besoin de moi, je dis; t’as avec qui le faire; t’es spéciale, me dit- t- il. Oui, bien sûr que je suis spéciale. Je suis une nouveauté.

Oh cela m’avait bien réveillé. Donc ça c’est la nouvelle technique des gosses, de faire croire à une fille qu’ils sont amoureux d’elle; tout s’est cassé tel un ballon de savon; peut- être il s’agissait aussi d’un pari; mais il ne l’a pas gagné. Je peux pas le croire. Donc je dois mon réveil à un fil de mes cheveux blonds. Cela est la nouvelle stratégie des mâles jeunes. De dire aux femmes qu’ils sont fous d’elles. C’est bien que tout n’a duré qu’une semaine. Et le yi- king a eu de nouveau raison. Quand j’aurais l’occasion, je lui dirais : écoute, parce que je me suis aussi bien éclatée avec toi, je vais te dire une chose : la stratégie de me conquérir a été bonne, les messages du genre ‘je suis fou de toi’ ou ‘t’es la seule femme qui depuis longtemps m’a fait vibrer le cœur’ c’est pas mal, mais il y a une faille : celle que, une femme, quand elle entend qu’il y a d’autres femmes en jeu, ne se sent plus spéciale et se rend compte que les mots tendres sont en fait juste des ballons de savon. Donc si tu veux amener une femme dans ton lit, c’est bien de dire ‘mon amour’, ‘mon ange’, mais si tu fais une petite erreur, elle se rend compte de l’existence d’une autre.

Il se passe exactement ce que dit le yi- king : hypocrisie sentimentale.

Il lui restait deux semaines et puis il partait en Turquie en vacances. Il partait avec sa mère. C’est elle qui l’avait élevé toute seule, son père ne s’intéressant pas à lui.

J’étais bien étourdie à cause de lui. Un jour avant j’avais pensé à lui pendant que je le faisais avec moi- même et ce fut super. Un jour avant on s’est embrassé également et ce fut très bien.

Bien sûr, je voulais plus et il le voulait aussi, mais j’avais peur des conséquences, comme je le lui avais écrit dans un message antérieur :

Je te remercie…tu est très intelligent…toi aussi tu me fais vibrer comme je l’ai pas fait depuis longtemps, mais en même temps je sais que c’est pas bien; d’un côté je veux, d’un autre je peux pas; ce que je voudrais c’est maintenir les vibrations à l’état admiratif, donc pas aller plus loin…

A Luana j’avais pas dit tout ça, car elle s’était un peu enfermée dans sa carapace, à cause de la raison suivante : je n’ai plus des portes ouvertes pour ce genre de choses (pas qu’elle n’en voudrait pas, mais les situations n’arrivent pas) et disait qu’elle ne voulait pas des complications; mais elle était sortie plusieurs fois au resto avec Garusso, et peut- être ils ont fait plus; ils se sont embrassés; Garusso, un collègue italien d’environ cinquante ans; elle aussi a besoin d’admiration de la part d’un homme, d’un autre homme.

Je m’étais excusée : j’espère que tu me haie pas trop…j’imagine que t’es furieux, je veux juste te dire que j’ai pas eu l’intention de bouleverser la situation…pardonne- moi stp, j’ai juste voulu savoir si tu penses encore à moi, tu vois, virtuellement…

*

Je pense non stop à notre plan, à quoi cela peut mener? Je pense qu’on ne sait pas ce qu’on fait, on est inconscients tous les 2, en spécial moi…on doit oublier le courant entre nous…de toute façon tu pars bientôt…j’aimerais simplement une amitié, car sinon je souffrirais trop et peut- être toi aussi…mille bisous, j’essaie de raisonner.

Je suis partie à 17 :11, lui disant ‘allons fumer le shit’ (il me l’avait montré, c’était une grosse cigarette)

Allons dans le parc, je dis et lui : non, viens chez moi, moi : non, tu sais bien qu’on le ferait et c’est pas bien; en fin de compte lui disant qu’à 20 h il devait voir ses amis à St Luc, moi furieuse qu’il insiste de me baiser, je suis partie.

Il m’a téléphoné immédiatement qu’il n’a pas quoi faire jusqu’à 20 h, qu’on boit quelque chose ? j’ai dit : non, je peux pas. Et je suis partie.

A 21 :17 il m’a écrit : un jour le paradis, un autre l’enfer. Je lui écrivis ce à quoi j’avais pensé toute la journée : écoute, je pense aussi à toi, je m’éclate vraiment bien dans cette situation, tout comme toi, mais je ne crois ni une parole de ce que tu me dis.

Le lendemain je fus triste; Hassan ne donnait pas de signe, je l’ai même vu au bâtiment rouge à midi et mon cœur était triste; ultérieurement il m’a dit que 2 jours avant il avait fumé du joint et qu’après il avait reçu mon message, ça l’avait gelé.

Ainsi fut que je lui téléphonai un soir, lui dis que je voulais le voir et il vînt aussi rapidement me prendre et on est allé dans un endroit obscur et on a pris un café et on a parlé; il m’a demandé ce que je voulais dire par mon message, et j’ai dit que je sais qu’il y a des types qui mettent un pari s’ils baisent quelqu’un et il m’a demandé ce que je pensais de lui et j’ai dis je pense que tu aimes me draguer et il a dit que non, qu’il est timide et il fut ainsi calme et doux que lorsqu’il me conduit avec la voiture on s’est embrassé comme des fous environ une heure; j’avais une envie folle de l’embrasser; je suis arrivée à minuit à la maison; sa mère lui avait téléphoné où il est, elle l’attendait avec le repas.

Le matin suivant je l’ai fait avec moi- même tout en pensant à lui.



3


Le jour de vendredi fut comme une tempête chaude, comme une tempête de cascades: j’ai vécu ce que je ne me suis jamais imaginée que j’allais vivre : 7 heures de baise sans interruption; el il voulait encore. Il bandait encore.

Dans toute ma vie je ne me suis jamais imaginée que j’allais vivre quelque chose de pareil : de le faire pendant 7 heures, que la bite soit grande et grosse, et que ça tient ainsi tout le temps et qu’il veuille encore; total bliss, comme on le dit; total oblivion; tu ne sais plus qui tu es, tu sais juste que t’as faim du corps de l’autre; vous gisez tous les deux l’un dans l’autre ainsi à l’infini, vous vous regardez yeux dans les yeux et tu ne veux pas essayer en levrette parce que tu ne vois pas ses yeux; lui qu’il dise que par la porte de derrière ce n’est pas possible et toi est plus que d’accord avec cela.

Dans le quartier le plus mal famé de Bruxelles j’ai vécu les plus fabuleux moments de ma vie intime. J’avais une vague idée de comment sont les turco- marocains, mais pas à ce point- là.


A 3 h 30 on s’est revus sur les escaliers, comme d’habitude; on s’est dit qu’on allait dans le parc; en fin de compte j’ai dit que je préfère aller chez lui, que le parc est un endroit ouvert ;l’idée était de fumer le shit qu’il avait préparé pour moi.

L’appartement appartenait à un de ses mis; il était moderne, avec parquet; lumineux; beaucoup de rouge; le shit m’a relaxé un peu, mais au debout j’ai hésité; son ami avait un livre sur comment draguer, dans l’armoire il y avait des godes.


Hassan m’a porté dans ses bras dans le dortoir, il m’a passé le seuil, et là- bas, quand j’ai découvert ce qu’il a dans son pantalon, je suis restée interdite; j’avais jamais vu dans toute ma vie un homme ainsi bien membré; je l’appelle loch ness ou le monstre; je comprends Frida Kahlo ainsi bien, aussi les stars porno.

On se regardait dans les yeux tout le temps : yeux dans les yeux; il a fini trois fois; et il pouvait encore plus; j’étais terminée; je ne sentais ni même ma chatte.

Il a dit que je dois dire à personne de notre secret.

Que les hommes arabes ne parlent pas entre eux de leurs amies; comment ça a été, ce fut la première fois pour lui qu’il l’a fait sans préservatif; de toutes façons, on a essayé, mais ça n’a pas entré sur sa bite; il a ri, disant : tu cherches le manuel d’utilisation ? Le préservatif, ne pouvant pas être roulé sur sa grande bite, devînt flasque et se jeta tout seul par terre.

Ca m’a frappé quand il m’a dit qu’il ne l’a pas fait depuis longtemps.

Un jour avant, à la fête d’un ami Karil, après que je vis Hassan sur les escaliers, comme d’habitude, je l’ai aussi revu à la fête; au debout j’ai fis semblant que je le connaissais pas, puis Karil a dit : fumons une cigarette dehors et puis Abdel s’est joint, l’ami de Hassan et je lui ai dit, un peu ivrogne, d’amener ses amis et Hassan est venu en fin de compte et je l’ai dragué- tu fumes ? je lui ai demandé à la vue de tout le monde; puis on s’est parlé en chuchotant et il a dit : tu vois que maintenant le monde va s’en rendre compte, je m’en fou j’ai dit et il a bu de mon verre et le petit ami de Karil a dit de faire une photo en groupe et ainsi j’ai fait une photo avec Hassan; puis je suis partie; et quand je suis arrivée au métro qui m’appelle, Hassan et il me dit : viens au minus 2 et je suis allée; sur la porte c’était écrit Vann, la compagnie pour laquelle il travaille et je suis allée dedans et il a fermé la porte à clé et on s’est embrassé comme des fous et il disait qu’il était excité et on se touchait partout, il a glissé les mains dans mes pantalons pour sentir mes fesses et j’étais tellement heureuse de sentir ça et de voir que mes blue jeans étaient larges (j’avais perdu 4 kg dans une semaine) et il m’a dit qu’il voulait un avant goût et je me suis rendue compte qu’il faisait référence au sexe oral et j’ai dit que non, que je veux encore rêver; jusqu’à lendemain.

J’aime pas seulement quand il est en moi, mais aussi quand on se serre dans les bras, c’est ainsi bien de sentir sa peau, il y a une chimie fantastique entre nous deux, c’est quelque chose que j’ai longtemps cherché; je n’ai besoin ni d’orgasme, tout ça est ainsi profond, ainsi satisfaite je me sens.

Toutes mes expériences jusqu’à lui sont pâles en face de son membre; je me sens comme si j’ai escaladé Himalaya; c’est quelque chose d’ainsi profond, d’ainsi intime, d’ainsi bouleversant, que j’ai du mal à le croire.

J’ai de nouveau 15 ans, mais cette fois- ci je les vis véritablement; comme je n’ai jamais vécu; vraiment jamais; tout est ainsi profond que je me sens sur un nuage.

J’ai rêvé de lui, que j’avais son téléphone et je regardais ses messages; que je ne savais pas comment le retrouver; que j’étais dans un hôpital des fous et je me suis échappée de là- bas.

Le jour d’après je l’ai fait de nouveau avec mon amoureux : il a 24 ans, oh dieu et on l’a fait de 15 heures et demie jusqu’à 19 h; il a fini une seule fois; on a commencé la deuxième aussi, mais je n’en pouvais plus; je sentais qu’il allait me déchirer; on l’a fait en levrette, mais j’avais assez mal; toujours dans l’appartement de son ami, avec des mûrs rouges, ikea; j’avais mon cycle, mais pour des raisons mystérieuses, ça s’était arrêté quand je le fis avec Hassan.

Mon clitoris était choqué, mais pendant la nuit d’après il s’est remis; avec Hassan on a échangé des photos, il m’a dit de son père, qu’il ne le considère pas comme son père, il m’a montré une photo d’un garçon blond; c’était un à propos ? C’était en fait son neveu.

Il m’a dit aussi que depuis 2 ans, depuis sa dernière petite amie, il ne voulait plus le faire, jusqu’à ce qu’il se marie; dans ma tête je me sens de 30 ans, il me dit; dans ma tête je me sens de 15 ans, j’ai dit.

Hier soir il est allé en discothèque, c’était l’annif d’Abdel; la première fois qu’il n’a pas répondu à mon message; je sais, c’est possible qu’il m’échappe des mains; il m’a dit ‘je ne vais pas finir avec toi, mais tu vas comprendre que j’ai aussi ma vie’, quelque chose comme ça; il est d’une maturité plus grande que la mienne, c’est incroyable; ultérieurement, j’ai vu des photos de la discothèque et il y avait aussi une marocaine belle qui lui faisait la cour; il a dit qu’il n’avait rien fait; ça c’était exactement après notre baise de 7 heures. Dans les photos il avait l’air fatigué. Il pensait à moi. Il a dormi dans le lit où on l’a fait, dans les matelas où il y avait une tâche de moi. Je me suis habitué avec toi, il m’a dit.

Quand on s’est revus et il m’a dit ‘t’es superbe’- il m’attendait en face de la maison nr 568 ou 615, je lui ai demandé ce qu’il pense du voile; en fait il est moderne; il aime quand d’autres arabes le voient avec moi; tous me regardent les yeux écarquillés; j’aime énormément sa jeunesse, je me sens vivante.

J’ai exactement ce dont j’ai toujours rêvé d’avoir; j’espère que ça tiendra au moins pour un temps. Maintenant que je suis mûre, je vis ce que j’ai toujours voulu vivre : une relation superbe avec quelqu’un qui m’attire à mourir; je sens l’effet, je suis euphorique; il a dit que la fois suivante il apporte du shit; j’espère que ça va tenir; de toute façon, indépendamment de comment ça va être dans l’avenir, j’ai la preuve que les jeunes sont ceux qui vivent véritablement la vie; la jeunesse ne peut être remplacée par rien, ni par la notoriété, ni par l’argent; la jeunesse c’est la vie.

Mes sens l’ont choisi, c’est pourquoi tout est naturel et sans fard; je vole véritablement; et c’est ça le vrai extase; ni même mon orgasme ne m’intéresse plus autant.


Lundi on s’est revu au bâtiment rouge, à l’étage 6, qui est vide; on l’a fait dans un bureau vide, directement sur la table; de 16 et demie jusqu’à 19h.

‘Mais je pense pas que ça va tenir entre nous, il a dit; ‘je m’attend qu’à tout moment tu trouves quelqu’un d’autre’, je lui dis; j’ai cru que t’as trouvé quelqu’un dans la discothèque et que tu m’as oublié’; il m’a demandé si j’ai eu des relations comme ça; je lui dis que non; et que je pense à beaucoup des choses.

Et quand j’y pense, c’est vrai; mais je ne me vois pas habitant avec lui et sa mère; on n’aurait plus d’intimité; on se réjouit tellement quand on est l’un dans l’autre, il découvre sa virilité, l’importance dans les yeux d’une fille, et moi je découvre que je suis encore désirée et encore par quel mec !

Il a dit qu’il aurait voulu m’inviter à la discothèque, j’ai dit que j’aurais aimé y aller; il a dit que j’aille avec lui en Turquie, mais j’ai dit que je peux pas; j’ai dit encore : je ne veux pas que quelqu’un souffre; et je dis la vérité; j’ai dit aussi que je ne fais aucun pas définitif si je n’ai aucune sûreté de sa part. Putain, il dit, si j’avais su en quoi je me mêle.

Sache que je suis jaloux, dit- t- il; moi aussi, je dis; j’ai voulu t’appeler dimanche, j’étais à Brugge; en 10 minutes j’arrive où je veux; et je le crois; mais t’as pas de quoi être jaloux, je dis.

Ainsi beau on a glissé l’un dans l’autre aujourd’hui; deux fois; il me baise ainsi bien que j’ai pas envie de mon orgasme journalier; ma chatte s’est habituée à son organe géant et ne veut pas autre chose.

‘Je suis sûre qu’en quelques mois tu vas trouver quelqu’un et que tu vas te marier’, je dis; ‘et si je ne trouve pas ? ‘alors t’es condamné d’être le mien’, je dis.

Mon turc me débarrasse de tous les amours platoniques et de toutes les obsessions; il me fait vivre, je me sens vivante, comme je ne l’ai jamais été. C’est une chose réciproque, intense, passionnelle, spontanée, et en plus, ce que je vis maintenant : des baises inoubliables, donne du goût à ma vie fade; je me découvre quelqu’un d’autre, je découvre que j’ai encore de la jeunesse en moi- même, je me redécouvre moi celle qui était avant, longtemps avant, me fait me poser des questions, de savoir ce que je veux dans ma vie.

Je ne sais pas comment ça va être dans l’avenir, mais je me réjouis tellement d’avoir trouvé Hassan, que je ne trouve pas les mots pour exprimer ça; le fait que j’ai lui me donne le pouvoir de tout surmonter : mon travail de merde, le fait que je n’ai pas la passion que je veux au lit; tout ça pâlit devant le moment de joie débordante que j’ai quand je suis avec Hassan.

Il me donne du pouvoir, il me donne de la confiance, envie de vivre, jovialité, énergie; je sens que je chevauche le vrai Pegas; je sens que je vis juste maintenant ma jeunesse. Oh, et combien belle peut être la vie parfois ! Combien intense ! Combien magnifique ! Exactement comme ce printemps, qui apparaît avec tellement des bourgeons, tellement de fleurs, d’odeurs, après un long hiver.

Ces moments, quand on sent qu’on a une union physique fantastique avec quelqu’un, ne peuvent se comparer avec aucune autre sensation, vraiment; car en ces moments t’as la confirmation (même s’il s’agit plutôt du désir) que c’est réciproque; on se sent apprécié, ta valeur est confirmée. On sent qu’on a un sens. (on sent le sens de la vie). Quand ton couple plane. Quand tu planes.

Rien d’autre ne m’intéresse que les moments passés avec Hassan. Pour le reste tout me semble une réalité parallèle, avec qui je n’ai pas trop quoi faire.

Les choses évoluent rapidement entre moi et Hassan; je te donne un an, il me dit; mais sache que je veux me marier ! Je sais pas si je pourrais être en parallèle avec toi après.

Tout est réciproque entre nous, c’est une situation que je n’ai jamais vécue; je lui ai dit : et si tu auras envie des plus jeunes ? t’inquiète, toutes mes ex sont plus grandes que moi, il dit; j’aime pas les gosses.

Je vais devoir te présenter à ma mère, il dit; ma mère veut me voir marié, car elle est vieille et ne veut pas me laisser seul au monde; je la comprend, je dis; et je veux pas être égoïste, je ne veux pas bloquer ton chemin; et si c’est toi mon chemin ? Il me bluffe ce gosse, vraiment il me bluffe.

Tout prend des proportions gigantesques, de tous les points de vue; et Hassant me veut, il me veut, il veut que je sois véritablement avec lui et moi je le veux aussi : je ne sais pas ce que ça va être; je pense que je vais essayer d’en finir avec lui, car les choses ont trop dégénérées et je ne veux pas que d’autres personnes souffrent, à part moi.

Aujourd’hui on l’a fait également, au septième étage, dans le bâtiment rouge, cette fois- ci juste une demi heure; on s’est vu comme d’habitude, proche de la caravane, il m’a envoyé un message qu’il veut me voir, que je lui manquais, il m’a dit pourquoi tu m’envoies pas de messages, car j’attendais que tu m’écrives, je lui dis, je t’envoies plus car je ne veux pas te faire des problèmes, me disait- t- il- et tous ces gardiens qui nous espionnent, celui jeune du bâtiment rouge qui voulait convaincre Ahmed de parler, heureusement que Ahmed est intelligent et ne dit rien; ne parle pas à ceux de la cafet, car ils aiment bavarder, dit Hassan; et Angèle ne le sait pas ? Non, il dit.

Et il est passionnel, comme moi : il m’a pris le téléphone, car je ne voulais pas lui montrer mes photos, et en fin de compte, à mes insistances, il me l’a redonné- en fait il voulait que je lui envoie des photos avec moi à travers blootooth et en fin de compte je lui ai envoyé beaucoup et lui aussi m’a envoyé, il me veut, il me veut et le problème est qu’il me veut pour de bon et moi aussi je le veux; de plus en plus on va vers quelque chose d’inévitable : ma séparation de Gabriel, que je voudrais éviter; et ce fut ainsi bien car on parlait du mariage et d’enfant et il disait : ça à l’air d’un piège; non, je dis, sois tranquille, ensuite je lui donnai un grand sourire, de toutes façons, j’ai peur de cette idée d’enfant; pourquoi ? il dit; car il y a plus de sexe, plus d’intimité; et les parents servent à quoi ? exactement ce que je pense; et en fin de compte j’ai vu dans ses yeux qu’il voulait ça aussi.

En fait il m’écoute, dans sa rébellion et j’aime ça aussi chez lui; en fait, j’aime tout chez lui; de plus en plus; j’ai vu qu’il donnait des œillades à une des serveuses; quoi, je dis, tu penses que je vois pas que tu la regardes ? oui, dit- t- il souriant, mais je la regarde car je suis venu une fois ici et je lui ai donné une banc note de 20 euros et elle m’a donné en échange juste 4 euros, 10 euros elle les a retenus pour elle- même. Et pourquoi tu lui as rien dit ?

En fin de compte il a voulu voir une photo avec Gabriel; pour savoir rester à distance de lui; j’ai hésité, mais comme il insistait et m’a pris le téléphone, je lui ai montré; ok, il dit; maintenant pourquoi t’as voulu que je te le montre ? je me sens mal, je dis.

Je suis arrivée à des choses très sérieuses avec Hassan et je ne sais pas comment ça va être dorénavant; on est ensemble depuis presque deux semaines. J’ai envie presque tout le temps de lui dire les mots magiques…aussi aujourd’hui, que hier…

Deux jours plus tard il m’a dit les mots magiques sur le net; il les a dit le premier; je lui dis que j’aurais voulu le lui dire deux jours avant; il veut que je dors chez lui un soir de la semaine suivante; je tremble; je vis des sentiments vrais; je n’ai jamais vécu cela ainsi intensément.

Hassan veut que je sois avec lui; on a parlé sur le net jusqu’à 4 heures du matin; une conversation très sérieuse; il m’a dit qu’il veut se marier, sinon il sent qu’il perd son temps; que la vie n’a pas de sens autrement.

C’est toi le coupable, tes yeux turquo- marocaines; mais c’est moi aussi la victime, me dit- t- il; la victime ? dans tout ça, me dit- t- il; tu souffres ? ben oui je souffre; ne souffre pas stp, je sais, c’est fou, pour moi aussi c’est très bouleversant; t’es sûre ? oui, quoi, tu ne me crois pas? non; pourquoi tu dis ça? pour voir ta réaction, mrd; putain, encore une blague; oui; qu’est ce que je me fais avec toi? quoi, j’ai pas compris là; comment t’expliquer; qu’est ce que tu fais avec moi, c’est ça que tu voulais dire ? sais pas; ah , bonne question, et moi qu’est- ce que je fais avec toi, sais pas, me suis déjà posé la question, mais je trouve pas de réponse; la réponse est quand on se voit dans une chambre vide et on se regarde dans les yeux tout le temps; ouais; j’ai hâte de voir tes yeux sur le net aussi; .... ;oui oui....à quoi tu penses là; c’est bizarre, j’arrive pas à réfléchir; quand je suis avec toi (ou que l’on est) ma pensée est bloquée; le temps est arrêté, voilà; la mienne aussi; mais le problème c’est que le temps passe vite avec toi; je sais; pourquoi tu rigoles; mais je ne rigole pas, je te juste souris; mmmmmm; mmmmmmmmmmmmm; t’es en pyjama là, non ? oui et toi? tu dors comme ça? oui? quoi, tu pensais que je dors nue? et toi t’es en pyjama? Non, en slipe; ooooo intéressant; lol, mais non te fais pas de film .....pourquoi pas? parce que suis cassé; moi aussi; mais tu dirai pas non; à toi je résiste pas; mmmm; mmmmmmmmmmmmm; j’espère que suis le seul; t’es le seul!!!! j’aurai plus d’énergie et je n’ai plus d’énergie!!!!! tu rigoles là? non, j’essaie de comprendre; je peux presque plus marcher; tu sais, parfois j’arrive pas à croire que tout cela arrive entre nous et qu’en plus tu peux penser qu’il y aurait un autre, pffffffffffffffffffffff; eh ouais, la jalousie ça se contrôle pas; je sais, après qu’on se voit, je regarde tous ceux qui te ressemblent, donc c’est comme si je te voyais en face de moi tout le temps; ok .... mais te trompes pas de personne; ah non; je pensai que j’étais le seul au monde, mais apparemment tous le monde me ressemble .....putain t’as pas compris; t’es le seul au monde; l’idée est que maintenant, après que je te connais, je regarde ceux qui te ressemblent, comme si je te cherchais partout; tu comprends? ah ok; bon; me cherche pas, tu va pas me trouver comme ça. Je sais....je te nie pas que tout ça me travaille, que c’est pas facile; j’essaie de me dire qu’on vit quelque chose de beau et que c’est ça qui compte le plus; ok...... , pourquoi tu me dis ça encore une fois, tu veux en venir où ? je ne veux en venir à rien; je te dis ça car j’avais l’impression que tu pensais que je m’amuse; je veux pas surtout que tu penses que t’es un amoureux comme les autres, car c’est pas vrai et tu le sais; donc sois sûr qu’il n’y a pas un autre à part toi voilà; ok tu me rassures; bien...mais c’est vrai aussi que parfois j’ai l’impression que je te bloque; pourquoi; car tu veux une famille et je sais pas ce que je peux t’offrir; je sais pas non plus on verra avec le temps; ok- on verra bien; à quoi tu penses? je sais pas, à toi comme toujours, que faire avec toi; c’est vrai que c’est tôt; peut- être les vacances vont éclairer quelque chose; sûrement; tu sais ce que je voudrais; je voudrais que même si un jour on ne sera plus ensemble, qu’on puisse se parler très ouvertement, comme maintenant...

Une chose que j’ai toujours voulu et que j’ai jamais eu de mes ex; je sais pas comment font les autres.

Hassan ne me répondit pas. T’es là? ben on se verra plus; voilà sa réponse; allez on peut tout discuter, non? tu te fâches car j’ai osé à penser ça? Mais en Turquie tu peux rencontrer à n’importe quel moment une jolie fille; et alors; et t’as 24 ans, et tout le monde, inclusif toi, veux que tu te maries et je suis sûre que si tu trouves une mariée tu va te dédier à elle complètement; ben je vais me marier et alors c’est pas pour ça qu’on va plus être ensemble.


Oui, tu le dis comme ça; on peut continuer comme maintenant; on verra...pourquoi tu dis ça; parce que franchement je crois pas que tu voudras continuer; pourquoi tu parles à ma place; c’est juste mon intuition c’est tout; ben jette ton intuition car elle est pas bonne.


Ah mon intuition, mon amie de longue date, combien je te dois et comment tu m’as bien conseillé; ça c’est réconfortant, mais dans le rythme comment ça évolue entre nous, tu voudras vite éclairer la situation et peut- être moi aussi (car c’est pas facile); et tu veux éclairer ça comment ? dans le sens que tu me diras: tu (moi) dois te décider; oui ça c’est sûr que je vais te l’imposer un jour ou l’autre; tu vois? Ah, t’as déjà la réponse alors; non, je ne l’ai pas, mais c’est vrai que si on arrivera à ça un jour, je pourrai pas faire abstraction des autres; sais pas comment penser, c’est compliqué; c’est- à- dire, ça serait plus facile de se dire que tous les deux on se réjouit d’un bon temps ensemble, mais ça s’est compliqué, donc, enfin, on verra; ne nous tracassons pas en vain; tu m’ énerves en faisant comme ça; pourquoi? dis moi; tu veux dire quelque chose mais t’oses pas; non; tu tournes autour du pot; non, je te dis ce que je pense; ben tu penses trop comme toujours; c’est vrai; il faut qu’on vit cette vie putain! car plus tard sont les responsabilités, tout le bazar et puis c’est la mort, donc il faut qu’on le vive, aussi compliquée qu’elle soit; pourquoi tu me dis ça; pour essayer d’oublier la conversation trop sérieuse; car plus tard sont les responsabilités, tout le bazar; qu’est- ce que tu veux dire par là; bah moi j’ai peur (comme je t’ai dis) d’avoir des enfants et le mariage est quelque chose de sérieux, moi j’aime pas trop les responsabilités; ouais j’avais déjà compris ça; mais faut grandir dans la vie .....oui, toi t’es très mature déjà; ça c’est bien...ouais, mais ça fatigue; oui, quoi, tu te sens déjà fatigué? déjà vieux, marre de tout .....oh mon chéri, c’est parce que t’as pas eu une vie facile....mais tu idéalises le mariage, tu penses que c’est wooooow; le mariage est une cage; on n’a plus sa liberté; c’est pas mauvais non plus; ça rassure, mais gare à la routine; mais ça donne un but dans la vie; tu penses? oui , car moi la vie sert à quoi bon, il n’ y a pas de but bien précis; la vie sert à la vivre; le mariage c’est un papier; c’est comme si tu va au boulot et y a rien à faire; c’est vrai! mais comment c’est bien de traîner toute la journée! ouais si tu le dis; écoute, moi je ne dis pas ‘ne te marie pas’, moi je dis ‘réfléchis, t’es très jeune, tu devrais vivre ta vie avant ça’, mais toi tu fais comme tu veux; ouais t’as sûrement raison, mais là quand je réfléchis à ce que je fais de mes journées, ça me paraît une perte de temps; ok...si tu dis ça; c’est pas parce que je vais me marier que je vais être en prison; ah, si; pourquoi; parce que tu es lié à quelqu’un; au debout c’est bien; et quoi tu veux te faire tous les homme du monde; non! pourquoi tu dis ça? ben tu me dis que t’es lié à quelqu’un; si, ok, je comprends ce que tu dis; c’est mieux de rentrer à la maison et de trouver quelqu’un qui t’aime bien que de te retrouver tous seul entre 4 mûrs; c’est vrai !!!! je suis totalement d’accord! mais c’est pas nécessaire de te marier, tu peux vivre avec qqn! enfin, écoute, c’est bizarre que je te dis tout ça, mais je te dis tout ça parce que parfois j’aimerais avoir de nouveau ma liberté; tu comprends? toi tu dis ça parce que t’es pas heureuse à la maison; écoute, je sais pas comment te répondre à ça; me dis pas le contraire, tu m’as déjà avoué ça; c’est difficile d’avouer des choses; j’aime pas avouer, ça me rend dépressive; ben tu prends pas la réalité en face, je comprends que c’est dur : écoute, sais pas quoi te dire; dis rien; mais me dis pas de pas me marier; t’as raison, au moins que tu me dis ça pour pas que tu me partages; pour ça aussi; quoique je sais que je pourrai pas te partager- car de toute façon la situation ne sera pas la même, c’est mon intuition et je n’y peux rien; tu veux pas me partager mais moi je dois te partager, c’est pas équitable ça; je sais, mais pourquoi tu veux te marier si tu veux me garder aussi? Juste pour ne pas être seul? On se marie quand on aime qqn- on dit ça; et alors si tu te maries (donc que tu aimes qqn) pourquoi tu voudras me garder? Tu auras tout avec ton épouse, tu n’auras plus besoin de moi et tu le sais, donc arrête de me leurrer stp; tu sais quoi, fais tes valises; tu sais bien que je viendrais chez toi, mais je ne veux pas faire de mal à personne; je sais pas quoi dire la; écoute, tout ça prend ampleur: oui, t’as raison, on doit arrêter là; c’est- à- dire? Couper; je comprends pas; tu veux dire qu’on change de sujet? ou tu veux qu’on arrête nous deux? je sais pas; pourquoi on n’essaie pas de considérer que c’est une aventure ? parce que dans une aventure il y a toujours une fin; mais non, si on considère que c’est juste une aventure, on ne pensera plus aux valises; toi tu pourras trouver quelqu’un pour te marier; je sais pas quoi dire; écoute, dis- moi, c’est ça que tu veux? qu’on rompe? c’est devenu trop difficile pour toi? Non, pas du tout; bah alors? j’ai pas envie de rompre; moi non plus; mais c’est toi qui complique ma vie; lol tu veux que je me marie pas, moi j’ai pas envie de rester dans cette situation; écoute, on va voir, ok? Qu’est- ce que tu vas voir; qu’est- ce qui va se passer; rien, ça va continuer comme ça, mais y aura plus de net et tous les jours au bâtiment rouge; pourquoi tu dis ça? pourquoi tu dis plus de net? de toute façon le bâtiment rouge on l’a encore pour une semaine et puis c’est les vacances, donc; parce qu’une fois que je suis marié, je serai moins disponible pour toi; on verra bien....une fois que je rentre a la maison, ce sera pas toi que je vois; écoute, de toute façon même si tu trouves qqn cet été, tu va te marier cet été? Non, c’est pour ça que t’as 1 an; ok....alors essayons de prendre les choses comme elles viennent; putain on s’est tracassé ce soir, sur la terrasse aussi tu voulais me sortir cette discussion; dis- moi de belles choses; je sais plus...allez chéri, éclaircissons les nuages stp; ok, mais tu m’as tellement fait chauffer le cerveau qu’il veux plus s’arrêter de réfléchir; allez, fais un effort............................:tu veux parler de quoi; de rien en particulier; juste se dire des belles choses; franchement commence parce que là suis pas capable de dire quelque chose.


Ce fut une discussion lourde; en fait, le genre de discussion qu’on porte entre un mari et une femme; mrd, ça commence bien alors; ouais; t’as vraiment l’étoffe d’un mari! pff comment ça c’est possible? tout a commencé très légèrement; qu’est- ce que tu veux dire par là; viens en Turquie avec moi en vacances bla bla, et maintenant, 2 semaines après, on porte des discussions aussi sérieuses; c’est incroyable; mrd; putain, en 2 semaines qu’est- ce qui va se passer? Tu vas m’acheter la bague? Tu veux? J’aimerais, mais bon; tu vois que tu dirais pas non? Elle est déjà prête, elle est dans la boîte a gants, mais j’ai pas osé; quoi? Tu rigoles? non; allez, putain, t’es fou toi. Tu veux que je répond par quoi, oui ou non; là tu dois m’expliquer, car je sais pas quoi comprendre, je suppose que tu fais référence à une bague que t’as gardé depuis ton ex ? ou une bague traditionnelle ou quoi, enfin; non, jamais je donnerai quelque chose de mon ex, d’ailleurs je garde rien.

- Hassan.

- Oui.

- Là je suis choquée.

- Pourquoi.

- Ecoute, tu m’as acheté la bague 2 semaines après qu’on sort ensemble?

- Oui.

- Putain t’es fou toi!!!!!!!!!!!!!je te crois pas

- T’as raison; non j’ai rien acheté; je préfère que tu la choisis toi- même.

- Tu vois? Là ça à l’air plus en harmonie avec la situation.

- Je préfère que tu la choisis.

- Ca c’est bien, c’est normal en fait; je parie qu’après les vacances, tu me diras: j’ai trouvé une fiancée; vu ton enthousiasme à l’idée de mariage.

- Ouais t’as raison; tu sais quoi, si je trouve, je vais me marier direct, je vais pas attendre.


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